Le témoignage, pour faire acte de mémoire d’un génocide
Réalisation, troisième partie
La parole, c’est aussi donner la vie
- Rappelez aux élèves que Yolande Mukagasana a expliqué, dans son témoignage, comment elle a vécu l’escalade de la stigmatisation et comment elle a survécu aux événements. Il s’agit maintenant de comprendre quel sens elle donne à cette expérience.
- Discutez avec la classe du sens que comporte le témoignage de Yolande Mukagasana.
Comment pensez-vous que madame Mukagasana perçoive la vie aujourd’hui ?
Quelle est son occupation actuelle (elle prend soin de 21 enfants) ?
Quelle est son espérance, concernant l’avenir ?
Pourquoi écrit-elle des livres ?
Pourquoi pensez-vous que Yolande Mukagasana témoigne-t-elle de son expérience à la radio et dans ses livres ?
Que signifie la parole, pour elle ?
Quelle importance a la parole, pour elle ?
- Tentez de faire ressortir quelques citations clés du récit en invitant les élèves à lire à la classe la citation qu’ils auront notée dans l’encadré gris du Parcours de Yolande Mukagasana. Au besoin, faites réécouter certains passages.
- Discutez également des deux citations suivantes :
« La parole peut donner la mort, comme la parole peut être la vie (...) Il faut savoir ce qu’on veut faire de la parole. Moi, ma parole me servira sûr et certain à faire la vie. »
« Mon enfance a été merveilleuse. L’extérieur était hostile, mais dans la famille, j’étais comblée de beaucoup d’amour. Et je pense que j’en ai reçu trop [...] J’en ai tellement reçu, que je ne peux qu’en donner. [Rires] Jamais je ne l’épuiserai, je crois. »
- Discutez avec la classe :
Quel est le message principal de ce témoignage ?
Y a-t-il d’autres messages sous-entendus ?
Dans quelle mesure ce témoignage est-il important à vos yeux ?
Est-il utile de faire acte de mémoire, de se souvenir ?
Dans quelle mesure est-il important de se souvenir ?
Que peut-on avoir envie de faire après l’écoute de ce témoignage ?
- Clôturez cette troisième partie de l’activité en rappelant les points suivants :
Le génocide du Rwanda a fait, entre avril et juillet 1994, entre 800 000 et un million de morts.
Les causes de ce génocide sont nombreuses. Parmi elles, on peut noter la politique ethniciste du colonisateur belge, une stigmatisation systématique de d’un supposé ennemi intérieur (les Tutsis), un gouvernement rwandais trouvant sa légitimité dans la stigmatisation ainsi qu’une propagande savamment orchestrée par les autorités et les médias extrémistes à leur solde. Ce ne sont là que quelques causes parmi de nombreuses autres plus complexes à identifier.
Après le génocide, une phase de silence s’est manifestée chez les victimes. Puis, peu à peu, certaines personnes ont témoigné pour raconter leur expérience du génocide.
Par le témoignage d’une personne, on peut recueillir de précieuses informations sur le déroulement d’un événement, sur ses causes et sur ses conséquences.
Le témoignage de Yolande Mukagasana est le récit des événements vécus par une victime du génocide, mais c’est aussi un message d’espoir. C’est une parole pour donner la vie, pour que la vie continue, et pour contribuer à ce que cette situation ne se reproduise pas. C’est une parole pour faire acte de mémoire.
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